Dimanche 16 novembre 2008
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Ce matin, je ne me suis pas lavé. Pas le goût. Se laver est un travail. Et mes idées
laxistes héritées de mai 68 m'interdisent tout travail non motivé.
Jusqu'à aujourd'hui, il est vrai, je ne me posais pas la question. Je me suis lavé chaque matin pendant 50 ans sans me poser la question. Question d'habitude, sans doute. Et casser l'habitude a du
bon. Non ? C'est comme une question d'identité, ... d'éducation.
Je me souviens de l'institutrice revêche qui nous alignait, chaque matin, nous, pauvres
élèves, pour inspecter nos oreilles et vérifier la propreté de nos mains. L'école était alors hygiéniste.
Adolescentes, mes oreilles continuèrent à siffler : ma mère nous rabâchait, à ma soeur et à moi, comme on le lui avait appris, de nous "bien frotter derrière les oreilles". Les parents, alors, ne
se posaient pas de questions, ils reproduisaient les schémas d'éducation appris. C'était une question de politesse, sanctionnée par le "qu'en-dira-t-on".
A preuve. Cette tradition des ablutions matinales ne voulait pas qu'on se brossât les dents. Carence justifiée par une absence totale de contrôle. Et, à force de ne pas remettre en cause les
recommandations transmises par l'éducation scolaire et maternelle, à force de ne pas me demander "Pourquoi ?", "Comment ?", et de quelle question il était question, j'ai aujourd'hui plein de dents
cariées.
L'éducation disait qu'il fallait être "propres comme des sous neufs" quand nous nous rendions à des repas familiaux. Et notre mère était très fière de montrer les résultats de la "bonne
éducation" qu'elle nous donnait. Mais l'éducation ne parlait pas de se brosser les dents après les repas familiaux. Nous n'emportions pas nos brosses à dent, ce n'était pas l'habitude et je n'ai
jamais vu aucun convive se lever, à la fin du repas, en disant : Après cet excellent repas, je vais me laver les dents. Faites la queue, si vous aussi ...
Résultat : Aujourd'hui, plus question de repas, les dents qu'il me reste sont définitivement gâtées, et je suis condamné à manger de la soupe, matin, midi, et soir.
Et puis, maman, je me fous de l'opinion d'autrui. Même l'amour est devenu hygiéniste.
Alors, si la question est : "Vas-tu te laver enfin ?", la réponse est : "Pourquoi ?" et "Non, il n'en est pas question, maman".
Pas aujourd'hui. C'est Dimanche.
Par Papisel
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Publié dans : Société
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